Jean-Luc Mélenchon DAREDEVIL

Jean-Luc Mélenchon veut un tribunal pour les journalistes.

Jean-Luc Mélenchon réclame un « tribunal professionnel » des médias contre « les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs » après son passage à « l’Émission politique » sur France 2, dénoncé comme un « traquenard » destiné à l’enferrer dans des sujets polémiques. Dans une note publiée lundi soir sur son blog, émaillée d’attaques personnelles contre les trois journalistes de l’émission, Léa Salamé, François Lenglet et Nathalie Saint-Cricq, Jean-Luc Mélenchon dénonce « un traquenard médiatique ».

Il souligne notamment l’opposition représentée par les deux invitées « surprise » de l’émission de jeudi dernier, l’écrivain Laurence Debray, fille de l’ex-révolutionnaire et philosophe Régis Debray et de la journaliste vénézuélienne Elizabeth Burgos, et la chef d’entreprise Pauline Laigneau, créatrice de la bijouterie en ligne Gemmyo. La première est décrite en septembre dans le JDD comme macroniste, tandis que la seconde proposait l’an dernier dans Le Point de « jeter aux orties Code du travail », des prises de position qui n’ont pas été explicitées.

Les questions de Laurence Debray sur les difficultés rencontrées au quotidien par les Vénézuéliens ont provoqué jeudi la colère du député, qui s’est exclamé: « J’en ai par-dessus la tête de ce genre de numéro. Chaque fois que je vais quelque part, je me tape ‘Venezuela' ». Venu pour « un super débat sur les deux doctrines économiques en présence », le leader de La France insoumise regrette en outre le choix uniformément antagoniste d’autres intervenants, notamment cinq Jeunes agriculteurs (JA) favorables au glyphosate rencontrés dans une séquence reportage et des erreurs sur les chiffres du contre-budget proposé par les Insoumis.

Une pétition lancée

« Ils ont faussé l’identité de personnes convoquées sur le plateau pour incarner ‘des Français moyens' », écrit-il. « Je propose qu’il existe un tribunal professionnel qui puisse être saisi et qui ait le pouvoir de sanction symbolique contre les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs », ajoute-t-il avant d’annoncer le lancement « (d’)une pétition en ce sens ». Dans cette pétition adressée au ministère de la Culture et mise en ligne mardi sur le site change.org, Jean-Luc Mélenchon estime que « les citoyens n’ont aucun moyen d’obtenir une rectification publique en cas de mensonge ou de duperie médiatique ».

Il demande « la création d’un Conseil de déontologie du journalisme en France » à l’image du Conseil de déontologie journalistique créé en 2009 à Bruxelles, qui serait « composé de représentants des usagers des médias et de représentants des journalistes, y compris les précaires et pigistes ». Moins d’une heure après sa création, la pétition réunissait plus de 2.400 signatures. Plusieurs centaines de signalements ont d’ores et déjà été déposés auprès du Conseil supérieure de l’audiovisuel (CSA), entre vendredi et lundi matin, a confirmé l’instance. « Tout est parti de Thomas Guenolé », politologue proche de La France insoumise et auteur d’une première plainte, confirme-t-on.

La Société des journalistes de France 2 a jugé « indigne d’un responsable politique » les propos du député et a défendu les journalistes de l’émission. « La SDJ de France 2 apporte son soutien à Nathalie Saint-Cricq, Léa Salamé, et François Lenglet, cibles d’attaques odieuses et inacceptables de la part de Jean-Luc Mélenchon », a-t-elle déclaré sur Twitter.

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