Emmanuel Macron LE PORTRAIT DE MANU

Non, la photo officielle de Macron ne va pas coûter 3 millions d’euros aux maires.

Des maires s’indignent du changement de format de la photo officielle du président de la République et du coût engendré, par le rachat de nouveaux cadres.

La photo officielle d’Emmanuel Macron va-t-elle coûter cher aux collectivités? La question, qui prête à sourire, est pourtant prise au sérieux par Romain Senoble, maire de la commune de Forges, en Seine et Marne. D’après ses calculs, la facture globale s’élèverait même à 2,7 millions d’euros. La faute au nouveau format du portrait officiel. Alors que la photo de François Hollande dans le jardin de l’Elysée était imprimée au format 50x65cm, celle de son successeur est de 50x70cm. Résultat: les maires seraient selon lui contraints de racheter des cadres.

 

Ce surcoût, de 2 772 000 euros très précisément, semble être resté en travers de la gorge de Romain Senoble, deux jours à peine après que le président de la République a demandé aux collectivités de se serrer encore un peu plus la ceinture. « Ce même président qui a fustigé les communes hier à la conférence des territoires en leur demandant des économies », lâchait-il amèrement mardi sur son compte Facebook.

Sans aller jusqu’à interpeller la Cour des comptes, L’Express a tout de même pris ce sujet au sérieux. Et si nous sommes en mesure d’affirmer que ce changement de format engendrera probablement un surcoût pour le contribuable, il n’atteindra certainement pas les 2,7 millions annoncés par monsieur Senoble. Pour de multiples raisons.

Les maires ne sont pas obligés d’afficher la photo

Premier argument de taille, les maires ne sont en aucun cas obligés d’afficher le portrait du président de la République dans les mairies. Si elle est largement respectée, la pratique ne relève que de la simple tradition Républicaine. Interpellé à plusieurs reprises à ce sujet, le ministère de l’Intérieur l’a rappelé à chaque fois. Ce fut notamment le cas en 2006, lorsque le Sénateur socialiste de la Drôme Jean Besson cherchait à « connaître l’usage qui peut-être fait de ces symboles dans les établissements publics ». La réponse du ministre de l’époque, Nicolas Sarkozy, fut on ne peut plus claire. « L’usage de ces symboles dans les établissements publics ne repose donc que sur une coutume inspirée de la tradition républicaine ».

Le même rappel avait été formulé trois ans plus tard. « Aucun texte de nature législative ou réglementaire ne prescrit l’utilisation des symboles républicains, que sont le drapeau national, le buste de Marianne, le portrait du Président de la République ou la devise de la République, dans les bâtiments publics », expliquait-on alors place Beauvau. Aucun texte, aucune règle. Si un maire ne souhaite pas afficher le portait du président de la République car il juge trop onéreux le rachat d’un cadre, libre à lui de s’en abstenir.

 

Source : lexpress.fr

 

 

 

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