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Enquête libyenne: en garde à vue, Nicolas Sarkozy a chargé ses « amis »

 

Lors de sa garde à vue les 20 et 21 mars, l’ancien président de la République, en difficulté face aux enquêteurs, s’est défaussé sur son entourage quant au financement libyen de sa campagne de 2007.

 

Nicolas Sarkozy a beau mener une contre-offensive médiatique sur l’affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007, l’ancien président de la République n’en apparaît pas moins acculé par les enquêteurs. C’est en tout cas ce que montrent les comptes-rendus de ses auditions de garde à vue, révélés ce vendredi soir par Mediapart.

Face aux policiers de l’Office anticorruption, l’ex-chef de l’État a nié en blocs avoir été financé par le régime de Mouammar Kadhafi, affirmant ne rien connaître des relations de sa garde rapprochée avec l’entourage du dictateur, tué en 2011. Au fil de la garde à vue, Nicolas Sarkozy, placé depuis sous contrôle judiciaire, semble ainsi s’être énormément défaussé sur son « ami de quarante ans » Brice Hortefeux et son ancien directeur de cabinet et directeur de campagne Claude Guéant.

Omerta

Nicolas Sarkozy a notamment nié être au courant des rencontres entre ses proches et Ziad Takieddine, intermédiaire sulfureux du régime libyen.

« Que Brice Hortefeux à titre personnel ait pu le fréquenter, c’est sa décision », a déclaré l’ancien locataire de l’Élysée, affirmant par ailleurs « ne pas savoir quand, et combien de fois, (Ziad Takieddine, NDLR) a vu monsieur Guéant ». « Il s’en expliquera », commente seulement l’ancien maire de Neuilly.

« Je suis sans doute celui qui a le moins côtoyé Ziad Takieddine » précise également Nicolas Sarkozy, avant de développer un implacable raisonnement:

« Il est juste que je sois responsable de ce que j’ai fait. Et si jamais Brice Hortefeux ou Claude Guéant disait ‘c’est Nicolas Sarkozy qui nous l’a demandé’, vous pourriez considérer que cela relève de ma responsabilité, mais ce n’est pas vrai, ils ne l’ont jamais dit. »

« L’homme le moins bien informé de France »

Comme le souligne Mediapart avec ironie, l’ancien ministre de l’Intérieur semble vouloir faire croire aux enquêteurs qu’il était « l’homme le moins bien informé de France » lorsqu’il occupait la place Beauvau.

Brice Hortefeux reconnaît avoir rencontré Abdallah Senoussi, beau-frère de Khadafi condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA? « Vous me l’apprenez. Moi, je ne savais pas », répond Nicolas Sarkozy. Claude Guéant, alors sous l’autorité hiérarchique directe du ministre de l’Intérieur, confirme avoir été en rapport avec Ziad Takieddine? « Jamais il ne m’a informé de ses contacts avec Takieddine », réplique le « parrain » de la droite.

Claude Guéant lâché

Nicolas Sarkozy essaie d’expliquer qu’il n’était pas au courant des agissements de ses subordonnés, quitte à lâcher les membres de sa garde rapprochée. Claude Guéant se retrouve ainsi en rase campagne:

« À la minute où il est nommé ministre de l’Intérieur, il n’est plus mon collaborateur », fait valoir celui pour qui ce terme s’appliquait en revanche au Premier ministre François Fillon. « Il avait dès lors sa propre existence politique, sa propre marge de manœuvre opérationnelle comme ministre », tente Nicolas Sarkozy.

Manifestement dubitatifs face aux réponses apportées par l’ancien président, les trois magistrats enquêteurs ont donc signifié à Nicolas Sarkozy le 21 mars sa triple mise en examen pour « corruption passive », « financement illicite de campagne électorale » et « recel de détournements de fonds publics libyens ».

 

Source : ICI

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