Emmanuel Macron TÊTE D’ŒUF

 

Salon de l’agriculture : Macron s’énerve contre un céréalier qui l’a «sifflé dans le dos»

 

En visite ce samedi au Salon de l’agriculture, le président a échangé avec de nombreux professionnels. Il a toutefois haussé le ton avec deux céréaliers qui, selon lui, l’avaient auparavant sifflé.

La séquence est rare tant le président a pour habitude d’user de sa répartie pour calmer les échanges, même tendus. Ce samedi, Emmanuel Macron était d’ailleurs parti arpenter les allées du Salon de l’agriculture avec l’idée de se confronter en face à face aux craintes et à la colère des professionnels du secteur. Mais deux céréaliers l’ont semble-t-il éprouvé au-delà de son seuil de tolérance, puisque le chef de l’Etat a publiquement montré son agacement, devant plusieurs caméras.

Selon les images partagées sur Youtube par le président lui-même, Emmanuel Macron appelle des producteurs à se rapprocher pour parler tranquillement, plutôt que crier et siffler. « Je me suis jamais planqué ! » leur assure-t-il encore souriant, presque amusé par le remue-ménage autour de lui. La cohue s’apaise un temps puis la discussion s’envenimer autour du glyphosate, ce désherbant soupçonné de provoquer de nombreuses maladies mais que les agriculteurs craignent de voir interdit en France, contrairement à d’autres pays qui concurrence les produits français. Des études ont notamment prouvé que l’on trouvait des résidus toxiques dans les céréales des enfants.

« Hé Oh, nous on est calmes alors calmez-vous ! »

« Le glyphosate, y’a aucun rapport qui dit que c’est innocent. Y’en a qui disent que c’est très dangereux, d’autres moyennement dangereux. J’aurai à répondre de ce que je fais, demain, après-demain », défend d’abord Emmanuel Macron, visiblement déjà énervé par l’interpellation désinvolte de l’un des deux céréaliers.

Puis d’argumenter, tout en montant le ton : « Dans le passé on a dit que l’amiante c’était pas dangereux. Les dirigeants qui l’ont laissé passer ont eu à répondre. Les ouvriers agricoles, les consommateurs qui demain diront Vous aviez le glyphosate, vous le saviez, vous n’avez rien fait, ils me regarderont les yeux dans les yeux, et ils iront pas vous chercher ! » lance alors le président à son interlocuteur, pointant le doigt vers sa poitrine. Et l’agriculteur de répondre : « Hé, Oh, nous on est calmes, alors calmez-vous, s’il vous plaît ! »

Echange houleux entre Macron et des céréaliers

Emmanuel Macron semble peu goûter à ce rappel à l’ordre venant d’un homme qui, auparavant, s’était a priori montré un peu moins courtois. « Non, attendez, vous êtes calmes ? Non non, vous m’avez sifflé dans le dos depuis tout à l’heure ! » répète deux fois le président, désormais véritablement agacé.

« On est chez nous ! »

« Donc, un : le calme, c’est pas vous qui le donnez. Deux : vous me donnez des leçons », poursuit-il sans tourner les talons quand le céréalier lui rétorque : « On est chez nous ! » Probablement une référence aux craintes des agriculteurs français de voir arriver sur le marché des produits étrangers qui ne sont pas contraints par les mêmes normes, notamment en vue de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, cette communauté commerciale d’Amérique-du-Sud.

Emmanuel Macron conclut la discussion avec ce professionnel en lui rappelant qu’« on est chez nous, tous. Ça s’appelle la France et c’est une République. » Puis d’enchaîner avec son voisin, également céréalier, qui l’interpelle : « Je vous engueule parce que j’aime pas (sic) qu’on me siffle derrière. Mais après, je viens vous voir et on s’explique. »

Ce deuxième agriculteur évoque clairement l’accord avec le Mercosur, en ce moment même négocié à Asuncion (Paraguay). « Vous allez avoir des OGM à plein. Demain, comment vous allez faire pour fermer les frontières, en disant Ces produits-là on n’en veut pas, on prend du produit français ? Vous n’en êtes pas capable ! Cette alimentation va se retrouver dans l’assiette des Français ! Comment vous allez-faire ? » interroge-t-il.

Sur ce point, Emmanuel Macron lui assure que « d’abord, l’avenir de l’agriculture, il n’est pas dans la fermeture, quelle qu’elle soit. Vous êtes dans une filière qui exporte. Ça ne marche pas de dire On ferme d’un côté et on ouvre de l’autre. »

« Notre économie, notre agriculture, c’est une de ses fiertés, elle est exportatrice. Elle a besoin d’être ouverte. On est gagnants sur le Mercosur, la négo n’est pas finie, moi j’ai mes lignes rouges », leur affirme-t-il encore, en tentant ensuite, pendant de longues minutes, de les rassurer sur leurs craintes d’une concurrence déloyale. La conversation se termine d’ailleurs sur une note plus cordiale et une poignée de main.

 

Source : ICI

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